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Nous avons déjà abordé, dans un autre article , les points clés d'une bonne implantation du blé d'automne. Une implantation réussie est importante: il y a effectivement une portion du rendement qui se joue dès le semis. Dans sa présentation au Rendez-vous végétal de 2026, le conférencier Eric Richter, expert céréales chez Syngenta, indiquait que « ce sont les tiges d’automne qui font le rendement ». Une fois l’hiver passé, il y a toutefois encore beaucoup à faire pour s’assurer d’une récolte abondante et de qualité ! Voyons quelles sont ces étapes qui influenceront le succès et la rentabilité de la culture du blé d’automne. Survie à l’hiver et population : Semer une céréale d’automne a de nombreux avantages, dont ceux de maintenir le sol couvert, de maximiser l’utilisation de l’énergie du soleil dans les entre-saisons et d’alléger les tâches de semis le printemps venu. Par contre, l’hiver, avec ses grands froids et ses redoux, représente toujours un risque pour la survie de la culture. Dès que la croissance reprend, il faut visiter les champs de blé d’automne et évaluer la survie à l’hiver. Même si certaines feuilles sont desséchées, si la couronne et les racines sont saines, le plant est en vie et reprendra sa croissance. Le guide Céréales d’automne du CRAAQ indique qu’un seuil à 65% de survie permet d’espérer un rendement quand même intéressant, et supérieur à celui d’un blé de printemps. Pour compter la population sur 1 pi2, dans un champ semé avec un espacement de 7,5 pouces entre les rangs, il faut compter les talles (ou les tiges principales), sur 19,2 pouces de rang. Dans sa présentation, M. Richter proposait de viser une population de 80 tiges/pi2 pour un rendement supérieur. L’imagerie satellite en début de saison, ou les images prises par drone, sont des outils d’aide à la décision qui peuvent s’avérer utiles pour estimer le % de survie global lorsque la mortalité survient par zones dans le champ. Fertilisation : Il est recommandé d’appliquer une portion de l’azote très tôt au printemps, dès que la survie est confirmée et qu’il est possible d’entrer dans le champ. Cela favorise la reprise et la formation de talles et peut s’avérer particulièrement intéressant si le plant n’a pas eu la possibilité d’en développer à l’automne. Le reste de l’azote est généralement appliqué en début de montaison (stades Zadoks 30-31). Les sources d’azote utilisées peuvent varier, mais idéalement, au moins une portion de l’azote provient d’une source facilement disponible par temps froid, comme le nitrate de calcium ; l’ajout de soufre permet une belle synergie et maximise l’utilisation de l’azote. --> Pour aller plus loin : au stade GS30-31, prenez une analyse foliaire et corrigez la fertilisation en magnésium et en éléments mineurs si nécessaire, à l’aide de fertilisants foliaires combinés au régulateur de croissance. Vous pouvez analyser de nouveau le feuillage à la sortie de la feuille étendard et corriger la fertilisation en même temps que l’application de fongicide. Fongicides : La santé des plants permet de prolonger et de maximiser la période de remplissage des grains. Pour générer du rendement, ça prend beaucoup d’épis, beaucoup de grains par épis, et des grains pesants. Il y a 3 moments clés pour l’application de fongicides dans le blé : le premier traitement (T1) vise à protéger le feuillage des maladies comme les rouilles ou l’oïdium et s’effectue autour de l’apparition du premier nœud (GS30 à 32). Le deuxième traitement (T2) protège la feuille étendard ; avec l’avant-dernière feuille et l’épi, ces structures représentent 90% des tissus photosynthétiques de la plante. Pour optimiser l’utilisation de l’énergie lumineuse et la convertir en rendement, on vise à garder la feuille étendard verte jusqu’à ce que l’épi commence à murir. Finalement, le traitement T3 s’effectue à la floraison, et sert à prévenir la fusariose de l’épi. La compilation des résultats du Yield Enhancement Network (YEN) des Grands Lacs, un concours du plus haut rendement de blé qui rassemble des producteurs de l’Ontario et des États américains autour des Grands Lacs, montre qu’en 2025, ce sont les producteurs qui ont fait 3 applications de fongicides qui ont eu les plus hauts rendements. Par contre, la grande majorité des participants optent pour une stratégie à deux passages, soient T1 et T3. Si un seul passage est envisagé, la plupart des producteurs choisissent de protéger l’épi. Si vous observez des maladies foliaires dans le bas de vos plants, il pourrait être judicieux de protéger la feuille étendard avec une application de fongicide. Pour ce qui est du T3, vous pouvez consulter le site internet Agrométéo Québec qui présente un modèle d’évaluation du risque d’infection par le fusarium sous forme de cartes interactives, afin de vous aider à prendre la décision de traiter ou pas. --> Pour aller plus loin : envisagez d’ajouter un biostimulant avec votre application de fongicide. Dans le Réseau Agrocentre, nous avons eu de très bons résultats en ajoutant du STIMULAGRO au fongicide appliqué à la floraison dans le blé. Régulateur de croissance : Un régulateur de croissance permet d’épaissir la tige du blé pour la rendre plus résistante à la verse. L’endroit où l’épaississement se produit est défini par le moment d’application du régulateur. Il est recommandé de viser le stade GS30-32 pour solidifier davantage la base du plant. La décision d’utiliser ou non un régulateur de croissance devrait être guidée par certains facteurs : la sensibilité variétale à la verse, la densité de population et la fertilisation azotée doivent être pris en compte. Récolte : Le dernier point de régie du blé d’automne couvert par M. Richter lors de son passage au Rendez-vous végétal était la gestion de la récolte. Selon lui, récolter « trop tôt » est de loin préférable à récolter « trop tard ». Quand le grain a atteint sa maturité physiologique, ce qui se produit à un taux d’humidité relativement élevé pour les céréales, il n’y a plus de gain possible à le laisser au champ. On vise à le récolter alors que ses paramètres de poids spécifique, d’indice de chute et de D.O.N. sont à leur meilleur. Le conférencier indique que lorsque l’humidité du grain atteint 22%, c’est le signal que le blé est prêt à être récolté. Il faut bien sûr s’assurer ensuite que les conditions d’entreposage sont adéquates pour préserver la qualité de la récolte. --> Pour aller plus loin : le semis de trèfle en intercalaire du blé est une pratique qui gagne en popularité. Le trèfle s’implante tranquillement dans la céréale en croissance, et se développe rapidement une fois le blé récolté. Il bénéficie d’une longue saison de croissance et apporte une quantité d’azote non négligeable pour la culture suivante (souvent du maïs). On le sème en sursemis à la volée sur le blé gelé (avec un vtt pour limiter la compaction) dès que la neige fond, ou encore par drone ! Le blé d’automne est une culture particulièrement intéressante par sa grande réponse à plusieurs points de régie. Il y a de quoi s’amuser à se mettre au défi d’atteindre année après année de meilleurs rendements ! Vous voulez pousser un peu plus loin votre gestion du blé d’automne ? Parlez-en à votre conseiller Agrocentre !











